Julia

On voit parfois entrer dans sa vie un petit ange, un ange musicien.
On le voit grandir, s’épanouir, rire. On le voit se questionner, vous questionner. Il se raconte, tantôt avec des notes, tantôt avec des mots, tantôt avec les yeux.
Alors nous, on s’attache.

Et puis il continue de grandir, de s’épanouir, de se questionner et de vous questionner. Il vous confie ses petits bobos comme ses victoires. Parfois ses douleurs. Souvent l’ange se sent encore petit et fragile. Et il vous voit grand et solide. Alors il s’appuie sur vous, un peu. Et on le laisse faire, avec douceur et tendresse.

L’ange continue de grandir. On le voit faire des efforts, progresser, donner de lui, fatiguer, en avoir assez, puis déterminé, enfin y arriver.
Alors nous, on s’attache.

Curieux de tout, il s’émerveille. Riant, souriant, plein d’humour, cet ange là fait rire ses petits camarades. Pas de calculs ni de stratégies, pas de compétition. Toujours spontané et frais, il est attentif aux autres plus qu’à lui-même. Il n’a que l’élan du coeur en lui.
Alors les petits camarades, ils s’attachent.

Et puis un jour, sans prévenir, l’ange repart dans le ciel virevolter parmi les étoiles.
Alors on pleure et on colère son absence, beaucoup.

Entre deux larmes et deux cris, les yeux un peu désembués, on s’aperçoit que l’on est entouré d’une multitude d’autres petits anges musiciens, tous aussi beaux et pleins de vie.

Alors on continue, dans le flot incessant de la vie. On continue à voir grandir, s’épanouir, on continue à rire ensemble, à partager, à transmettre ce que l’on sait et à prendre ce que ces petits anges veulent bien nous donner.

Surtout, on continue à s’attacher. Mais cette fois, on jette un coup d’oeil tendre et aimant à cette nouvelle étoile dans le ciel.

Avec toute mon affection,
Fanny